Poèmes épars_5

À/MON/FILS

 

mon petit lapinot de la Lune, mon petit prince roux,

ô mon renard bleu des Neiges, mon petit/Soleil.rose.en.forme.de.cœur,

tu sais, je t’ai attendu si longtemps ;

j’ai traversé pas-à-pas un long désert de 13 ans avec des épines aux pieds,

des piquants de-cactus-à-tous-les-doigts ;

j’ai cherché longtemps ta maman, car c’est toujours

le papa qui choisit la maman & la maman qui choisit le papa !

J’ai mis 13 ans à trouver ta mère, ta mère-couronnée.de.perles !

& de roses roses, ta mère belle-comme-une-vierge-de-Dürer, 

solide comme une statue d’Afrique,

ta maman blonde & rieuse & danseuse & joyeuse,

avec ses/2/longues/nattes à papillons de couleurs

ta mère qui chante & musique & peint et brode et cuisine

& adore la pâtisserie, 

ta mère qui vient de l’Océan-du-Nord, ta mère si

BONNE !…

 

nous.nous.sommes.endormis.à.la.sortie.de.mon.petit.désert.de.13 ans

& nous t’avons fait (t’avons rêvé) t’avons construit, 

à bons coups de langue & de baisers/ à-bons-coups-de-corps/

à/bons/coups/de/cœur/ à bons coups de sourire/

à bons coups de paroles & bonté, ô cette tendresse !

36 semaines plus tard, tu ! as ! sauté ! dans ! nos ! bras !

dans ! nos baisers, dans le galop de notre triple-cœur.

Nous sommes radieux,

car tu es largement ce que nous avons fait de + beau, sur la

t  e  r  r  e !

 

Jean-Paul Klée

 

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Au centre exact de la clairière

Une fois par millions d’années

La lumière toute se condense

Dans l’étincelle d’un papillon.

 

Jean Mambrino

 

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Au petit bonheur

 

Rien qu’un petit bonheur, Suzette,

Un petit bonheur qui se tait.

Le bleu du ciel est de la fête

Rien qu’un petit bonheur secret.

 

Il monte ! C’est une alouette

Et puis voilà qu’il disparaît.

Le bleu du ciel est de la fête

Il chante, il monte, il disparaît.

 

Mais si tu l’écoutes, Suzette,

Si dans tes paumes tu le prends

Comme un oiseau tombé des crêtes,

Petit bonheur deviendra grand.

 

Géo Norge

 

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Avec ses quatre dromadaires

Don Pedro d’Alfaroubeira

Courut le monde et l’admira.

Il fit ce que je voudrais faire

Si j’avais quatre dromadaires.

 

Guillaume Apollinaire

 

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Douze ans

 

Trompée par les reflets de ses douze bougies

qu’elle avait prises pour des étoiles,

Francine s’engloutit dans la nuit blanche et ronde

du gâteau meringué nappé de chantilly

et dansa douze fois, légère,

au bout du monde.

 

Et quand elle revint

deux paillettes de neige

brillaient dans ses yeux.

 

Christian Poslaniec

 

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Egocentrisme

 

Je m’attendais au coin de la rue

j’avais envie de me faire peur

en effet lorsque je me suis vu

j’ai reculé d’horreur

 

Faisant le tour du pâté de maisons

je me suis cogné contre moi-même

c’est ainsi qu’en toute saison

on peut se distraire à l’extrême.

 

Raymond Queneau

 

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Il n’y avait rien. Il y eut quelque chose. Il n’y a plus rien.

Si le néant était demeuré noir, je ne le conterais. Mais pour un temps, il devint clair.

C’est ce passage du noir au noir à travers la lumière que je chante.

Ecoutez mon histoire, elle va de la mort à la mort, mais j’ai vécu.

Elle va de la laideur à la laideur mais sans empêcher la foudre de couronner la beauté le simple temps de sa mort ardente.

La pierre roule le long de la pente.

 

Alain Borne

 

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Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,

Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,

J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture,

Et lui glissai dans l’ombre un pot de confiture 

Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,

Repose le salut de la société,

S’indignèrent, et Jeanne a dit d’une voix douce :

- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce,

Je ne me ferai plus griffer par le minet.

Mais on s’est récrié : – Cette enfant vous connaît ;

Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.

Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.

Pas de gouvernement possible. À chaque instant

L’ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;

Plus de règle. L’enfant n’a plus rien qui l’arrête.

Vous démolissez tout. – Et j’ai baissé la tête,

Et j’ai dit : – Je n’ai rien à répondre à cela,

J’ai tort. Oui, c’est avec ces indulgences-là

Qu’on a toujours conduit les peuples à leur perte.

Qu’on me mette au pain sec. – Vous le méritez, certes,

On vous y mettra. – Jeanne alors, dans son coin noir,

M’a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,

Pleins de l’autorité des douces créatures :

- Eh bien, moi, je t’irai porter des confitures.

 

Victor Hugo

 

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La môme néant

 

(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë, nasillarde, cassée, cassante, caquetante, édentée.)

 

Quoi qu’a dit ?

-A dit rin.

 

Quoi qu’a fait ?

-A fait rin.

 

A quoi qu’a pense ?

-A pense à rin.

 

Pourquoi qu’a dit rin ?

Pourquoi qu’a fait rin ?

Pourquoi qu’a pense à rin ?

 

- A’ xiste pas.

 

Jean Tardieu

 

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Le mètre étalon

 

Le mètre étalon s’est roulé en boule

Il se hérisse d’aiguillons violets

Il salive contre la visite

D’un légat des barbets de Melbourne

Pourtant tenu en laisse par un chat des neiges.

 

Le mètre étalon s’est roulé en boule

A l’image de cet oursin très rare

Nommé parfois testicule d’évêque,

 

Ni la vue ni l’odeur de ses juments favorites

Ni les coups de fouet de ses gardiens

Ne parviennent à lui rendre la longueur légale.

 

André Pieyre de Mandiargues 

 


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